Bienvenue à Souvigné-sur-Sarthe | Municipalité | Patrimoine | Démographie | Ecole | Associations | Economie | Histoire (s) | Répertoire | La vie communale en photos

 S

 U

 R

 A

 R

 T

 H

 E

 7

 0

 0

 3

 2

 S

 S

 O

 U

 V

  I

 G

 N

 E

L’Abbé Daugré… et la Monnerie

La nature à 4 kilomètres

 de la ville...

(tiré d’un opuscule écrit par le Docteur Claude Chauvin, « Hommage à l’Abbé René Daugré 1766/1793, pour le bicentenaire de sa mort sur l’échafaud ».

Un exemplaire de ce document a été mis par l’auteur, à la disposition des personnes intéressées, en Mairie de Souvigné)

 

L’Abbé René Daugré est né à Sablé, le 27 février 1766. Il est le troisième enfant d’une fratrie de huit. Vous trouverez ci-dessous copie de son acte de baptême

Il fréquentera le Collège de Sablé, rue de l’Ile et entrera plus tard au séminaire de Coëffort ou de la Mission, au Mans. Il sera ordonné prêtre le 23 septembre 1790, probablement à Paris.

Il fût aussitôt nommé vicaire à Auvers le Hamon, avec la charge de principal du collège, poste vacant depuis le décès du titulaire survenu le 28 août précédent

René Saunier, curé intrus, installé à Auvers le 8 août 1791, le fera destituer de cette fonction, le 8 octobre 1791, faute d’avoir prêté serment à la Constitution civile du clergé.

Prêtre réfractaire, l’Abbé Daugré, au lieu de passer à l’étranger, choisit de se cacher à Sablé, sans doute chez sa très chère tante Mme Lenerdeux. Mais il y resta peu de temps pour ne pas compromettre celle-ci, ni ses parents.

Il trouva refuge dans la maison d’une pieuse fille, Jeanne Samoyeau, qui exerçait la profession d’ouvrière et habitait dans le faubourg Saint-Nicolas. Chez « la Jeanne » étaient aussi fréquemment hébergés deux autres prêtres, Pierre Pochard et son neveu Urbain-François Pochard, issus d’une famille de notaires, et qui dans la période révolutionnaire, administrèrent les sacrements aux catholiques de Sablé. (remarquons que c’est un prêtre nommé Pochard qui baptisa le jeune René Daugré).

Au milieu du mois de Septembre 1793, la ville de Sablé et ses environs furent secoués par la rébellion. De nombreux prisonniers furent faits, à Précigné, à Souvigné, à Saint Denis d’Anjou et ailleurs

 

Le « décès » de René Daugré, survenu le 23 septembre 1793, ne sera retranscrit sur les registres d’Etat Civil de Sablé, que le 7 nivôse an II de la République, soit le 27 décembre 1793.

Deux autres décès « oubliés » furent retranscrits également ce 27 décembre, ceux de Laurent Gaultier et Joseph Renou de Mareil décédés tous les deux le 21 octobre 1793 à Sablé. On constate que ce sont les mêmes témoins qui ont déclaré ces trois décès, Jean Gandon et Pierre Chardon, demeurant à l’Hôtel-Dieu de Sablé.

 

 

Le jeudi 12 Septembre, l’Abbé Daugré était à Saint-Denis d’Anjou, puis le 13 à Souvigné et à Auvers le Hamon. Le Dimanche 15 Septembre au soir, il alla demander refuge à la ferme de la Monnerie à Souvigné, où il fût comme d’habitude accueilli par le métayer, Jacques Boisbouvier et sa famille avec un chaleureux respect. Il y resta quatre jours, nourri et caché dans la grange, se dissimulant sous le foin des râteliers.

Il sera arrêté le 18 septembre, ayant été dénoncé par un dénommé René Perdreau, déserteur, qui s’était fait passé pour catholique et royaliste. Il reçut 100 livres et la grâce pour sa désertion comme prix de sa trahison. Dans la matinée du 19, l’Abbé fût conduit à la prison de Sablé, et jugé le dimanche 22 septembre, dans une des pièces du presbytère actuel de Sablé et condamné à mort, ce qui sera exécuté dans les vingt-quatre heures, conformément à la loi. Le jugement sera imprimé à cent cinquante exemplaires et affiché tant en la ville de Sablé, qu’aux bourgs de Saint-Denis d’Anjou, Souvigné, et Auvers le Hamon. Le 23 septembre était jour de marché à Sablé, ce qui faisait espérer aux autorités une grande affluence dans la ville. L’exécution qui devait avoir lieu Place des Halles, eut en fait lieu Place du Champ de Foire qui est plus vaste et présente tous les avantages possibles pour le « coup d’œil ». A trois heures et demie, le condamné fut tiré de sa prison et conduit à l’échafaud.

L’Abbé Daugré marcha d’un pas ferme, il était grave et recueilli. Parvenu au lieu du supplice il gravit les marches et demanda au bourreau comment se placer. Il obéit à ses ordres et le couperet tomba sur son cou. Le corps fût porté dans le cimetière de Sablé, dans la partie réservée aux ecclésiastiques, il avait vingt sept ans. Nul ne sait aujourd’hui l’emplacement exact où fût creusée sa tombe. Ses ossements ont rejoint depuis longtemps la fosse commune, et les reliques du martyr n’ont eu pour toute châsse que le silence et l’oubli.

L’acte ci-contre, porte dans l’en-tête la mention « LA LOI, LE ROI » ce qui est un comble, alors qu’on guillotine au nom de la République, mais il fallait bien utiliser les vieux stocks de papier...